Au G8, Carla Bruni a choisi les bidonvilles détruits de l’Aquila plutôt que l’hôtel cinq étoiles réservé pour les conjoints des chefs d’Etat. Une ascèse pour la première dame française qui, de sa fondation humanitaire à ses sacs à mains à 35.000 euros, rappelle de plus en plus le fantôme princesse Diana.
C’était en 1997, Carla Bruni dévorait les images cathodiques de l’enterrement de la princesse de Galles. La future première dame savait-elle que la cérémonie allait être la plus suivie de l’histoire du petit écran, juste devant celle de la mort de Ronald Reagan, puis récemment de Michael Jackson ? 10 ans plus tard, elle a décrypté les symptômes d’une telle popularité et fait tout pour reprendre le flambeau. Nicolas Sarkozy pensait à la présidence chaque matin en se rasant ? La chanteuse bobo, elle, rêve des 33 millions de téléspectateurs noyés dans leur chagrin en 1997 devant le cercueil de Diana. C’est sûr, ces deux là étaient fait l’un pour l’autre.
L’élégance partagée des deux amies des médias
Pour être aimée du peuple, elle doit d’abord conquérir leurs guides : la presse. Mars 2008, première sortie officielle en Grande-Bretagne et test de haut rang pour la belle Carla : c’est sûr les terres de l’ex-idole des britanniques qu’elle met les pieds. Ou plutôt les talons, idéal pour accompagner une robe violette Christian Dior. Le Telegraph ne s’y trompe pas, Carla en impose plus que son mari et les unes des magazines anglais représentent la belle seule, face aux objectifs. Un peu comme Diana détrônant le prince Charles de sa classe. « Depuis la mort de Diana Spencer il n’y avait pas eu de tel engouement médiatique pour une femme publique » précise alors le quotidien britannique, citant plus loin un proche du couple présidentiel : « on espère qu’elle gagnera le cœur des français comme Lady Diana gagna celui des anglais ». Ils lisaient sans le savoir dans ses pensées.
Le sacerdoce humanitaire
Est-ce vraiment le contact avec Nelson Mandela le 29 février 2009 au Cap qui pousse Carla a déclarer : « j’espère pouvoir m’engager dans l’humanitaire » ou le fait que Diana se baladait main dans la main avec le prix Nobel de la paix contre les ravages du Sida ?
Carla Bruni découvre la pauvreté dans les bidonvilles du Cap, visite une ONG de commerce équitable, et c’est la révélation. Preuve que le voyage aguerri, la première dame lance sa fondation humanitaire deux mois plus tard, bien décidée à changer le monde. Les sans-abris, le milieu carcéral, les handicapés, les illettrés, les jeunes issus des quartiers difficiles.
les jeunes issus des campagnes, les jeunes issus des endroits désertés en France, voilà la nouvelle croix de Carla, transfigurée. Soit, Bernadette Chirac faisait aussi dans le bon sentiment, mais alliait-elle l’élégance à l’émotion avec l’efficacité d’une Lady Di ou d’une Carla Bruni ? Une Lady Di adulée aussi pour ses frasques, ses relations extra-conjugales. Nul doute qu’une partie des français ne serait pas défavorables à avoir un président cocu comme l’était Charles, mais à l’heure actuelle, c’est sur un autre terrain que Carla se rebelle.
Indignée par le sort des sans-abris de la région de l’Aquila, elle tient à donner une « aide personnelle » aux sinistrés du séisme du 6 avril qui a délogé 70.000 habitants de la ville.
Elle ira donc seule, tout au plus accompagnée de quelques photographes, sur les lieux du drame, puis dans un hôpital auprès des victimes alitées. Un pas de plus dans les traces de Lady Di, dix ans après les cavalcades de la princesse contre les mines anti-personnelles.
Et une bonne action de plus au profit des indigents…. Et de l’image de Carla.







