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Le baroud d’honneur irritant de Michel Aoun

Posted on 28 août 2009 by Emmanuel Haddad

Les dés étaient jetés, le peuple avait parlé, le 14 mars l’avait emporté… Si on s’exprime à l’imparfait aujourd’hui au Liban, c’est en grande partie dû au retour en arrière sciemment mené par Michel Aoun. Le chef du CPL fait tout pour bloquer le Courant du Futur dans le passé.

Michel Aoun

Soupir de soulagement au lendemain des legislatives du 7 juin : la coalition du 14 mars remporte la majorité des scrutins. Et ce malgré l’alliance contre-nature du Hezbollah avec le Courant Patriotique Libre dirigé par Michel Aoun. Les Etats-Unis demandent à Saad Hariri, premier ministre désigné, de former un gouvernement seulement composé de la nouvelle majorité. Refus. La politique libanaise doit être unanime ou ne pas être. Le gouvernement sera d’Union Nationale, les 30 sièges de ministères répartis en 15 sièges pour la majorité., 10 pour l’opposition, et 5 nommés directement par le président Michel Sleiman. Une politique d’ouverture bien plus brouillonne qu’ailleurs, car la minorité fait tout pour court-circuiter le consensus. Dans le rôle du pompier pyromane, Michel Aoun est un homme zélé. Au point d’offrir au Liban le record de longévité de coupure démocratique.

Refus de batter en retraite

Le chef du Courant Patriotique Libre est un drôle d’oiseau. Il pensait faire un retour gagnant en s’alliant au Hezbollah, sortit grandi de sa résistance à l’invasion israélienne de 2006. Las, son échec aurait alors pu lui servir de leçon, on ne change pas impunément de camp sans perdre une part de son électorat au passage. Mais tout dans son comportement, de son refus d’appeler Hariri “Premier Ministre désigné”, à ses revendications aussi prolifiques qu’irréalisables, atteste qu’il refuse de partir sur un échec. Quoi de plus normal pour un ancien général exilé malgré lui dont le nom a jadis rimé avec avec résistance nationale pour une majorité de chrétiens libanais ?

Pas de rémission donc, quitte à tomber dans l’absurde. Pourquoi le Liban, après des élections legislatives sans heurts,  peine depuis 90 jours à tomber d’accord sur un gouvernement d’Union Nationale ? D’une part parce que le CPL réclame des sièges de ministère comme celui de l’Intérieur qui ne lui sont pas dus, la minorité n’ayant droit qu’à un ministère régalien : les affaires étrangères. D’autre part, parce que le général sur le retour fait tout pour caser son gendre à un poste de ministre. Joubrane Bassil a beau avoir été défait le 7 juin, la constitution a beau prévoir qu’un ministre sortant ne peut pas être reconduit, le rutilant leader n’en fait qu’à sa guise. Il fait son capricieux, qu’importe la constitution. Aux dernières nouvelles, “pas de formule, pas de noms, pas d’issue à l’entrée du troisième mois de crise gouvernementale” titrait An-Nahar. Aoun vexé du refus de Saad Hariri d’exaucer ses caprices, joue la carte de l’immobilisme. Il ne bougerait pas avant d’avoir recu des excuses du premier ministre. Pour beaucoup, la tactique de l’importun menée par Michel Aoun est consciente et répond aux intérêts de ses alliers syriens. Pour Animal Politique, pas de doute sur le diagnostic, la crise gouvernementale au Liban est une crise d’ego. Et sur l’ensemble de la classe politique, l’ex général chrétien semble détenir le record du plus beau spécimen.

5 Comments For This Post

  1. teacher Says:

    Conneries sur connerie:
    je cite :
    “la constitution a beau prévoir qu’un ministre sortant ne peut être reconduit, le rutilant leader n’en a cure”
    Rien dans la constitution ne dit quoi que ce soit à ce sujet cf ce lien
    http://www.conseil-constitutionnel.gov.lb/fr/constitution.htm

    Chercher donc des auteurs moins biaisés à l’avenir pour votre canard, parce que ce site ne vaut pas mieux

  2. emmanuel Says:

    C’est bien. J’imagine que tu as lu toute la constitution pour te permettre ce ton sarcastique et o combien constructif. Mais l’important n’est pas la.
    Tu as raison, il ne s’agit pas de la constitution de 1926, ma plume a fourche, mais plutot de l’accord de Doha signe en mai 2008 qui dresse les engagements de la majorite et de l’opposition pour la formation d’un gouvernement d’union nationale : il est exclu que le ministre Jebrane Bassil, qui etait ministre des communications, puisse etre reconduit a ce poste souverain etant donne qu’il n’a pas obtenu la majorite des scrutins le 7 juin dernier. C’est une logique electorale, ou si tu preferes, du bon sens. Qu’en penses-tu, et quelles sont les autres “conneries” que tu as releve ?

  3. teacher Says:

    Je suis un constitutionnaliste à la base.
    Rien que de commencer un article avec à la base des déclarations comme cela, démontre ton coté biaisé.

    Ce genre de ramassis ne passerait même pas dans L’Orient le Jour.
    Au moins, ils vérifient leur intox!

    Quand aux accords de Doha, ils sont normalement morts après les élections, faut te remettre à la page mon vieux

    Comme disait un autre site, ce n’est pas la question de mettre des députés dans les ministères qui comptent mais plutôt d’avoir des gens compétents sans cumul des mandats.

    Et à la base, le vote du 7 juin est biaisé par les déménagements d’électeurs sunnites dans le Akkar et à Zahlé (ce qui correspond au différentiel en terme de voix en faveur de la majorité par exemple pour Ashrafieh pour ne pas parler des FL Qui ont ramené des syriens voter dans le Batroun (mon caza et ca je l’ai vu)

    alors poses toi les bonnes questions

  4. emmanuel Says:

    Je vois que tu connais ton sujet, bravo ! A ce moment là tu sais que tout commentaire sur la politique libanaise est orienté selon un certain parti pris. C’est bien en lisant l’Orient le Jour que l’on croise ce genre d’interprétation sur le blocage institutionnel prolongé par le comportement d’Aoun (et oui je maintien).
    Là où je suis d’accord avec toi, et le propos de mon article n’est pas là, c’est qu’il faut discuter de la qualité des revendications politiques et des programmes d’un camp et de l’autre. Tu remarqueras que mon article ne rentre pas dans ces détails, mais se limite à un constat de fait : les élections législatives ont confirmé la majorité du 14 mars, mais la minorité ne lui donne pas les moyens de former un gouvernement ce qui répond aux intérêts des pays voisins comme la Syrie pour ne pas la nommer. Quant à la constitution encore une fois (et je l’ai déjà dit) c’était un abus de langage, ce n’est pas la constitution qui prévoit la non nomination d’un député défait au poste de ministre mais le bon sens.

  5. Emmanuel Says:

    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/09/24/liban-saad-hariri-tente-de-nouveau-de-former-un-gouvernement_1244581_3218.html

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