Obama favorable à l’intégration de la Turquie dans l’UE : on n’en attendait pas moins du nouveau messie ! Une parfaite rupture avec les années Bush me direz-vous… A ceci prêt que Double You était déjà, tout comme ses prédécesseurs, favorable à cette intégration. Cherchez l’erreur…
La Turquie est-elle dans l’Europe ? Ou plutôt mérite-t-elle d’y rentrer… C’est peut-être le seul débat européen qui passionne les français. Voyez plutôt : quand l’Express ou Le Point titrent sur l’UE, les ventes s’effondrent. On préférera la Franc-maçonnerie, l’immobilier, ou je ne sais quel sujet bankable, mille fois traité, mille fois digéré. Dans le journalisme comme en cuisine, on ne change pas un régime alimentaire comme ça, en deux coups de cuillère à pot.
C’est une des raisons pour lesquelles les arguments des uns et des autres sur l’intégration de la Turquie demeurent une énigme. Puisque ce sujet n’est pas traité par la presse hebdo, dont le rôle est sans conteste l’analyse…
Pourquoi Obama serait-il favorable à une Europe à 28, intégrant un pays à 98% musulman ? Par simple altruisme ? On en doute. Le nouveau président des USA n’a qu’un seul but : assurer l’hégémonie de son peuple. Et cela passe par l’intégration de la Turquie dans l’UE.
La Turquie dans l’Europe ? Un plus pour les USA
Sur le plan militaire, l’empire Ottoman est un atout stratégique pour l’Occident. Fenêtre de tir sur le monde arabe, la Turquie est écoutée et respectée au sein du G20. Le plan d’Obama est simple et conforme à celui de ses prédécesseurs : en plaçant la force turque sous le contrôle de l’UE, elle-même vassale des USA, Barack s’offre d’une pierre deux coups : la supervision du Moyen-Orient et l’affaiblissement de l’UE.
Pourquoi l’intégration de la Turquie va-t-elle affaiblir l’UE ?
D’abord parce que c’est le souhait des USA que de voir la Turquie devenir européenne, et que les américains n’ont jamais autant redouté l’émergence d’une puissance militaire et politique unifiée au sein de l’UE. Que la Turquie soit musulmane, homophobe ou incapable de reconnaître le génocide Arménien, ce n’est pas pour autant qu’elle ne mérite pas sa place en Europe. Car la Turquie est aussi l’un des premiers pays laïc au monde, et les femmes turques votaient bien avant leurs homologues françaises…
Mais nous ne pourrons jamais construire une force politique et militaire à 28, surtout si le dernier entrant est un poids lourd au niveau de sa démographie, de sa superficie et de sa culture.
Les grandes puissances de demain seront la Chine, l’Inde et les USA. La France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou le Japon ne sont pas aux bonnes dimensions. La mondialisation bouscule progressivement les frontières géopolitiques, tant et si bien que la construction d’une Europe politique est l’urgence de notre présent. Et ce n’est pas la gestion européenne de la crise économique qui peut nous faire penser à l’émergence d’un ensemble politique.
L’Europe politique aurait du se construire d’abord à six. L’intégration de l’Angleterre en pleine guerre froide fut son bourreau. Et ce n’est pas seulement moi qui le dit, mais aussi un certain Michel Rocard. (Voir la vidéo)
Si Mitterrand n’avait pas existé, nous aurions peut-être encore des hommes de gauche censés et influents… Mais la Vème République n’est pas faite pour une présidence de gauche. La preuve : Mitterrand !








