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Tennismen, footballeurs : les « nouveaux » dopés ?

Posted on 13 May 2009 by Willy Gardett

gasquet_dopageAprès le fils Noah et et le nageur Mickaël Phelps, tous deux pris en flag’ de fumette, c’est au tour de Richard Gasquet de tomber. Mais cette fois sur le nez… La contre-expertise a confirmé dimanche le résultat positif du joueur de tennis à la cocaïne. Mais au-delà de ces usages récréatifs, les feux médiatiques ne sont que trop rarement pointés sur les cas de dopage organisé en dehors du monde du cyclisme. Trop d’argent en jeu, trop d’enjeu. Pourtant, tous les sports de haut niveau ont maille à partir avec le dopage. Une conséquence de l’état psychique des sportifs professionnels. Qui dépasse les considérations purement athlétiques ou économiques.

Gasquet sur la ligne…


A en croire les médias, les cyclistes seraient les seuls à recourir au dopage. Evidemment, on trouvera par ci par là un cas en athlé, deux autres en haltérophilie. Mais jamais en foot, ni en basket ou en tennis… Ah, si, Richard Gasquet, qui s’est octroyé une petite ligne un soir, avec son ami le DJ Bob Sinclar, au cours d’une soirée de remise de trophée ATP. Une info dénuée de toute substance, totalement inintéressante, car ne touchant ni de loin ni de près au fond du problème : l’usage répété de produits permettant, parfois conjointement, d’accroître ses capacités physiques et de se défoncer.

Le cas Gasquet est clairement un usage récréatif : les analyses de ses cheveux écartent d’ailleurs l’hypothèse d’un usage répété. Il ne pouvait en être autrement : 7ème mondial il y a deux ans, 23 ème aujourd’hui, Gasquet se doperait pour… perdre !


Ce qui arrive au jeune espoir du tennis français est triste, injuste et très loin de la réalité du dopage dans les sports les plus médiatiques (foot, tennis, rugby). Début avril, L’Agence Française de lutte contre le dopage (AFLD) l’assure : le football n’est pas exempt de cas de dopage. Bien au contraire, si l’on en croit les résultats obtenus grâce à l’analyse de 138 échantillons de cheveux prélevés sur autant de sportifs tour à tour cyclistes, athlètes, rugbyman et footballeurs. Car ce sont bien ces derniers les plus accros, avec 22% des cas de dopages.


Usage récréatif ou dopage avéré ?


La médiatisation de l’usage de cocaïne par un sportif de haut niveau est commode : on parle du dopage sans vraiment en parler, puisqu’il s’agit d’avantage d’un usage de drogue que d’une pratique de dopage avérée. Maradona, Wilander, Hingis ou Pieter de Villiers consommateurs, réguliers ou non de cocaïne, c’est un chose ; mais Zidane, Deschamps, McEnroe ou encore l’actuel entraineur du Barca, Josep Guardiola, dopés pour accroitre leurs capacités sportives, ç’en est une autre, beaucoup plus grave et beaucoup moins médiatisée.


Comme personne ne veut en parler, ce sont les intéressés qui passent aux aveux. En 2002, Zidane et Deschamps reconnaissent avoir pris de la créatine, qui permet d’accroître sa masse musculaire. L’enquête sur les dirigeants de la Juv prouvera aussi l’utilisation d’EPO. Et se conclura sur un non-lieu, puisque la loi italienne ne condamnait pas le dopage à l’époque des faits !

2004 : McEnroe avoue avoir pris des stéroïdes anabolisants « à son insu » pendant 6 ans. Toujours pour augmenter les capacités musculaires. Trois ans plus tôt, l’actuel entraineur du Barca, alors milieu de la célèbre équipe catalane, est contrôlé positif à la nandrolone, anabolisant dérivé de la testotérone, et qui permet de gagner rapidement du muscle. Aujourd’hui, Guardiola est le tacticien de la meilleure équipe de club du monde. Maradona l’entraineur d’une des toutes meilleurs équipes nationales, l’Argentine. Tous deux d’anciens dopés…


Le dopage et le sport éternellement liés…


Si l’on regarde les premiers cas avérés _ 1967 pour le vélo, 88 pour l’athlé avec Ben Johnson, 91 pour le foot avec Maradona, 97 pour le tennis et 2002 pour le rugby _ le dopage serait la conséquence d’une mauvaise alchimie entre le sport et l’argent, à travers laquelle le sportif doit être toujours plus performant, et ce à n’importe quel prix. Mais à y regarder de plus près, le dopage et le sport ont toujours fait « bon » ménage, d’abord au niveau professionnel, mais aussi au niveau amateur.


Début du siècle dernier : le journaliste Albert Londres témoigne de pratiques peu licites, mais parfaitement légales à l’époque : « Les coureurs enduisaient le fond de leur cuissarde. La cocaïne pénétrait progressivement par voie cutanée et permettait d’améliorer les conditions de course.» 1926 : un certain Angelo Mariani commercialise un vin éponyme, appelé aussi vin des athlètes, à base de de feuilles de coca fraiches. Pourtant, malgré ces stimulants, la moyenne la plus haute du tour plafonnait à 24km/heure. Contre les 42 km/heure d’un Lance Amstrong… No comment !


Le sport est-il vraiment bon pour la santé ?


Les joueurs de haut niveau se dopent. Pas tous. Mais le plus grand nombre. D’abord parce que le corps humain n’est pas programmé pour répondre à des sollicitations aussi répétitives et ciblées. Ensuite parce que la pratique d’un sport engendre une libération naturelle d’hormones à laquelle on peut devenir dépendant. Et qui rend le cerveau de l’athlète plus réceptif à l’usage et à la dépendance de toxiques. Enfin parce que l’état d’esprit du sportif est de repousser toujours plus loin les limites de son corps, au mépris des signaux d’alerte que ce dernier lui envoie.


Le dopage n’est pas réservé à l’élite…


Si l’on prend souvent l’habitude de fumer jeune, à l’adolescence, le premier dopage d’un sportif commence souvent au même âge. Et pas seulement chez les plus prometteurs, bien au contraire. Imaginez le quotidien d’un joueur de L2 ou de National, forcé de jongler entre son travail la semaine, et des entrainements éprouvants plusieurs fois par semaine ! Le dopage sera pour lui une solution inévitable.


Un ancien joueur amateur me confiait sa première fois : « J’avais 13 ans. Je jouais dans le club de ma ville, en cadet, car j’étais grand pour mon âge. Avant le match, l’entraineur a appelé les joueurs offensifs de l’équipe : ” Buvez ça les gars ! ” C’était une boisson au goût assez affreux. Quelques minutes plus tard, sur le terrain, je courrais dans tous les sens, j’étais surexcité. A la fin du match, dans les vestiaires, quand je me suis assis, je me suis rendu compte que mes jambes tremblaient. Elles pesaient 5 tonnes ! Impossible de les bouger. Je n’ai pas dormi pendant 3 jours. »


C’était au début des années 90. Et, à en croire un ainé interrogé sur la question, déjà le cas au milieu des années 50 : « On prenait des pilules avant chaque match, m’avouait un joueur amateur de division d’honneur, qui aurait aujourd’hui 77 ans, s’il n’avait pas succombé d’un arrêt cardiaque à 62. On savait que c’était pas bon pour nous. Ca nous abimait le coeur. Mais tout le monde faisait comme si de rien était. Un peu comme pour les cigarettes. » Ces pilules étranges : des amphétamines…

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