C’est, en substance, le message que la première secrétaire du parti socialiste a adressé à la petite bête qui monte, Manuel Valls, dans une lettre publiée par le Parisien. Elle reproche à l’ambitieux quadra ses nombreuses critiques adressées à son propre camp, notamment sa proposition d’abandonner le nom « PS ». Si le catalan se prépare habillement pour 2012, la Ch’ti a, une nouvelle fois, brillé par son absence de tactique politique et de charisme.
“Si les propos que tu (ndlr : Manuel Valls) exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste”. Voilà les termes par lesquels Martine pose un ultimatum à l’un de ses poulains les plus prometteurs, le sarkoziste de gauche, j’ai nommé Manuel Valls. A qui elle donne volontiers du « Mon cher Manuel », histoire de faire passer la pilule. Et de tenter d’éviter, maladroitement, que la presse conclue à une énième déchirure au sein d’un parti sans unité, sans cap, sans chef.
Une dérive caporaliste
Martine Aubry ne sait plus comment affirmer son autorité. Il faut dire qu’aucun sympathisant, militant, et encore moins cadres du parti ne la juge crédible à la tête de l’opposition. Une femme de paille avant les primaires de 2012, rien de plus. Alors, telle une bête blessée dans son amour propre, Martine rend publique, à la France entière, la réprimande qu’elle adresse au mauvais élève Valls. Un coup de communication raté, immédiatement récupéré par l’UMP, Copé en tête, pour coiffer sur le poteau de l’autoritarisme et de la désunion un PS mourant. La professorale Martine devrait plutôt prendre exemple sur son père, Jacques Delors, à qui l’on a tout proposé (présidence du PS, candidature à la présidentielle de 1995, récemment une commission Sarkozy) et qui a toujours tout refusé. Aubry, elle, s’est jetée dans la gueule du loup quand la brèche s’est ouverte au Congrès de Reims de 2008. Il ne faudra pas pleurer en 2012…
Etouffer la relève
« On n’appartient pas à un Parti pour s’en servir mais pour le servir », assène la première secrétaire sur le ton de la maîtresse d’école frustrée. Martine a la foi. Elle sert le PS, corps (on aurait préféré celui de Ségolène) et âmes (on regrettera les forces de l’esprit de Mitterrand)… Sans arrières pensées. Normal, puisqu’elle n’est là que pour assurer l’interim. En attendant qu’un vrai leader refasse surface.
Et, au PS, il y aura bientôt plus de candidats à la candidature des primaires (donc de candidats à la candidature de la candidature…) que d’électeurs ! Laurent Fabius en tête félicite sa vieille camarade « qu’on rappelle les uns et les autres au besoin d’unité ». Les uns et les autres ? En un mot toute la jeune garde du parti vieillissant et qui n’a pas, encore, juré allégeance à un seigneur des années Mitterrand. Hamon, par exemple, n’est pas visé par ce recadrage, et obtiendra surement dans le prochain numéro du Canard le prix de la brosse à reluire, jugeant sa patronne « dans son rôle ». Etonnant que l’ancien adversaire du oui à la constitution soit apparemment hostile à une refonte du parti. Il faut dire que depuis les élections européennes, et la perte de son unique mandat de député européen, Hamon ne porte la parole du PS qu’au bon vouloir de sa majesté des Ch’tis…
2012 : il va y avoir du sport !
Les prochaines primaires pour la candidature à la présidentielle s’annoncent musclées. Entre les vieilles branches qui n’ont aucune chance mais ne voudront pas lâcher (Fabius, Delanoë, Hollande), les « jeunes ?» pousses de plus en plus formatées (Hamon, Harlem Désir), et les loups qu’on essaie de museler (Valls, Montebourg), le match s’annonce saignant ! Sans parler de la candidature de la reine mère, Ségolène 1ère, qui fait tout pour se faire oublier. Et, quand on l’entend s’excuser à tord et à travers, ou beugler, sans argument aucun, pour la fin du capitalisme, on se dit qu’elle n’a rien de mieux à faire que de se taire !
Le PS n’est plus malade ; il est mourant. Valls, en offrant comme diagnostic la mise à mort, ne trahit pas le serment d’Hippocrate. Aubry, en le rangeant au premier rang de “ces quelques personnalités qui voudraient empêcher que le parti de s’installer dans un fonctionnement apaisé”, se rapprocherait plutôt du serment d’hypocrite ! Car l’expression « fonctionnement apaisé », pour le premier parti de gauche en France, et premier parti d’opposition au gouvernement Sarkozy, est, au mieux, une antithèse, au pire, un euphémisme pour figurer l’encéphalogramme déjà plat du malade PS. Car au lieu de s’apaiser, les socialistes feraient mieux de se déchainer, sur le terrain des idées, des projets ! Et, quand on pense à la récente percée d’un Cohn Bendit, on se dit que l’émergence d’une nouvelle force de gauche, libérale et sociale, pourrait bien déchainer les électeurs en 2012 !









August 2nd, 2009 at 0 h 49 min
valls et frêche, même combat