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Les “Reines de beauté” font de la politique sans le savoir…

Posted on 31 August 2009 by François-Xavier Ajavon

Les élections des Miss seraient fondamentalement politiques. Parce qu’elles singent les processus de la démocratie représentative ; et qu’elles n’échappent pas à l’Obamaniaquerie universelle. De Miss Brive-la-Gaillarde à Miss Univers, focus sur des élections… comme les autres !

Miss France 2009 : Yes we can !

Naturellement on se bouche toujours un peu le nez lorsqu’il est question des sempiternelles élections des « Reines de beauté », du genre Miss-France, Miss-Monde, ou Miss-andouillette de Brive-la-Gaillarde. On en rigole entre amis. On ricane. Ils sont tellement ringards ces défilés de jeunes-filles banales, sans caractère, habillées comme des poupées Barbie et coiffées comme des présentatrices de LCI invitées à la Garden Party élyséenne. Bref, on ignore. On méprise. Même si parfois on jette un œil, comme ça, juste histoire de voir… parce qu’elles sont quand même jolies ces donzelles à la cuisse légère (le cerveau réptilien reprend toujours ses marques), même si elles ont autant de personnalité que des fromages industriels à pâte molle.

La question n’est pas là… la réalité profonde de ces élections est qu’elles sont politiques. D’abord ces grands messes populaires « singent » les processus de la démocratie représentative : il s’agit souvent de scrutins dont les détails « démocratiques » opérationnels sont bien troubles (les votants sont issus tantôt du public, des téléspectateurs, d’un « jury » de people…etc. ), permettant de dégager des représentantes officielles (par régions, pays, etc.). Lorsqu’elles sont élues ces jeunes-femmes ressemblent à la fois à la élues de la République (on les affuble d’une écharpe réglementaire marquant leur dignité de Miss Bretagne ou de Miss America), et à des Reines d’ancien régime avec leurs diadèmes et couronnes symbolisant leur puissance souveraine.

Tendance « Black is beautiful ! », même en Suisses !

Mais les « Reines de beauté » ne sont pas que des potiches-portes-symboles-portes-manteaux-portes-drapeaux-portes-logos… elles sont aussi d’intéressants indicateurs de l’air politique du temps. On se souvient que la dernière élection de Miss France - en contexte d’immédiate hystérie post-Obamaniaque - a conduit à un étonnant spectacle pouvant se résumer à cette sentence « Black is beautiful » ! Décembre 2008, sur le plateau de Jean-Pierre Foucault, TF1, la politique allait bon train… Miss-Mayotte déclarait tout de go : « Avec ce qui s’est passé aux USA, avec l’élection d’Obama, l’heure est au métissage… c’est pourquoi il faut voter pour moi… » Miss-Bretagne, une métisse Black enchaînait… « Il faut voter pour moi car on peut être bretonne sans avoir des gènes bretons »… La suite on la connaît… l’élection de Chloé Mortaud, Miss Albigeois Midi-Pyrénées, à l’une des plus hautes magistratures françaises, dans la galaxie Endemol… le titre de Miss-France. Avec sa beauté métissée et sa peau noire. Le tout accompagné de vivats et des discours obligés sur la défense de la « diversité », du « métissage » et de l’amour entre « les peuples ». Il est d’ailleurs amusant de constater la sur-représentation des « Miss » issues des Dom-Tom, ou métissées, qui sont parvenues au « titre suprême » ces dernières années.
Les Miss servent donc vraiment à faire passer des messages. A les matraquer ? Sous le chapeau de Mme De Fontenay cela pourrait donner : « Miss-France est black, donc la France est respectueuse des ‘ minorités visibles’, elle est ainsi à la pointe du progressisme humaniste, avec tout le confort moderne ! Et j’approuve. Avec Saint-Algue, et tous les autres sponsors ! »

Autres pays, autres mœurs ? Pas certain…. La course débridée à la « diversité » frappe aussi la Communauté Helvétique, qui s’est choisie en 2008 une ravissante « Miss Suisse Romande » black… Liliane Murenei, jeune neuchâteloise de 24 ans. On attend avec impatience les Miss Suède, Miss Finlande et Miss Biélorussie noires de peau. Pour le bien du « Bien » et d’une « éthique » ouverte, citoyenne et « consciente des nouveaux enjeux du monde moderne ». Et de la diversitude diversifiée. Et représentative. Naturellement. Enfin, un peu. Jusqu’au normatif.

Miss Univers ou la manifestation du panaméricanisme…

Mais les « Miss » ne font pas seulement de la politique avec la couleur de leur peau… Elles font aussi de la « géopolitique » sans le savoir ! Prenons un exemple…. la toute récente élection à la dignité de « Miss Univers » d’une jeune et ravissante latina tout droit venue de l’infâme Venezuela du sinistre Hugo Chavez, Mlle. Stefania Fernandez. Idéal produit d’appel de la dictature socialiste vénézuelienne, la jeune élue a tout pour plaire : en plus de sa beauté fatale, elle fait mine d’étaler une « intelligence » et une instruction impeccables (dans le contexte), prodiguée par un nouveau Vénézuela prétendument « éclairé » et tourné « vers les populations »… Elle succède d’ailleurs à une autre Vénézuelienne, Dayana Mendoza et à une porto-ricaine… S’en suivent… la République-Dominicaine, 2003. Le Panama, 2002. Re-Porto-Rico 2001. Etc. etc. Ce concours, dont les organisateurs (tour à tour le milliardaire Donald Trump et le Network NBC) sont nord-américains, répond-il seulement aux « goûts » et à la libido de son public ? Ou bien profite-t-il de l’occasion pour faire un peu de politique ? La sur-représentation des jeunes-filles issues d’Amérique du Sud pourrait le faire songer… pour un concours organisé par les USA à destination d’un public parfaitement concerné, au quotidien, par les questions communautaires. Et par la diversitude diversifiée. Et représentative. Naturellement. Enfin, un peu.

« Nous, Vénézuéliens, ne nous en lassons jamais. Nous sommes entrés dans l’histoire », a déclaré Mlle. Mendoza - Miss Univers l’an dernier - à la télévision privée Venevision. L’objectif du Vénézuela serait donc d’entrer absolument dans l’histoire, par n’importe quel moyen ? « C’est notre naturel qui fait la différence », a estimé la nouvelle reine de beauté, Stefania Fernandez, interrogée sur les secrets des Vénézuéliennes pour remporter les concours de beauté. Six titres en tout depuis ces dernières années. Un record. L’AFP nous avertit gravement : « Le culte de la beauté parfaite fait partie de la culture de ce pays métissé, où la chirurgie esthétique sculpte et remodèle le corps des femmes de toutes catégories sociales. » La diversitude diversifiée + le bistouri-correcteur à la disposition - même - du prolétariat ? Ultime rêve de la nation d’Hugo Chavez ? Symbole d’un pays socialiste aussi carton-pâte que l’URSS de Tintin chez les Soviets ? Miss NBC-Photoshop ou Miss Bolivarienne-silicone ? Au service de qui ? De quoi ?

Naturellement on se bouche toujours un peu le nez lorsqu’il est question des sempiternelles élections de « Reines de beauté »… et on a peut-être raison. Avez-vous déjà vu des élues - si dangereusement politiques - qui font si peu de leurs journées, et que l’on manipule autant ? Ces parlementaires un peu branleurs, sans réelle influence, et faisant où on leur dit de faire…jadis, on les appelait des députés « godillots »…

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