Que “Prince Jean” soit à la tête de l’EPAD ne devrait pas nous surprendre : la reproduction des élites ne date pas d’hier, surtout dans le 9-2 !
Ne faisons par les prudes, n’agissons pas en citoyens effarouchés face au comportement « inconvenant » mais prévisible du duo Nico & Jean. On peut regretter que la nomination de Jean à la présidence de l’EPAD (sigle devenu aussi fameux que l’I-pod) était à prévoir, mais on doit savoir aussi si elle était préméditée. Face à cette reproduction des élites dans les fiefs de l’ouest parisien, Animal Politique appelle au réalisme et à la vigilance.
Le réalisme suppose un comportement froidement analytique, loin des indignations inévitables mais saines qui débordent des pages de nos quotidiens.
D’abord, parce que si on peut s’opposer à ce qui ressemble à un parachutage népotiste sur le fond, comme le fait Martine Aubry, on ne peut le combattre sur la forme, car il est pistonné mais légal. Ensuite, parce que s’attaquer au jeune loup ne le rendra que plus affable, contrastera un visage de premier de la classe en une victime opportuniste, un ambitieux jalousé par le camp des égalitaristes chevronnés.
Vers la principauté du 9-2 ?
La vigilance implique de tirer des conséquences de ce nouvel affront à l’idéal républicain, déclamé paradoxalement par Sarkozy père lui-même lors de la relance de la réforme lycéenne : « La création du lycée (…) c’est un geste qui signifiait, très concrètement, la fin des privilèges de la naissance. Cela voulait dire : « désormais, en France, c’est de l’école que sortiront les élites ». Et pas de la naissance. Cela voulait dire : « désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être “bien né” : pour réussir, il faut travailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur ». Passons cette schizophrénie familiale qui consiste à défendre des principes et de les bafouer la minute d’après… Allons plus loin avec Le Monde qui montre bien que Jean ne prépare là rien de moins que l’assaut de la présidence des Hauts-de-Seine, comme le fût son père en 2004.
Le communisme des élites
Le problème avec l’impunité, c’est que l’indignation n’est rien d’autre qu’un bruit de fond tant que rien de concret n’est mis en œuvre pour la combattre. A Corbeil-Essonnes, l’impunité de Serge Dassault est résumée en un mot, celui de Jean-Pierre Brechter, maire fantoche élu le 4 octobre : « Pour la quatrième fois, M. Dassault est élu maire de Corbeil-Essonnes. »
Le rapprochement est-il pertinent entre un jeune non diplômé de 23 ans et un vieux loup milliardaire de 84 ans ? Oui, si l’on ose pointer du doigt l’existence d’une reproduction des élites composées d’un réseau familial et amical, du duo Sarkozy au duo Balkany, dont Isabelle, vice-présidente du Conseil Général des Hauts-de-Seine, soutien Jean, « le meilleur d’entre nous », en passant par la famille Dassault, etc. Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot ont dévoilé avec brio que le communisme se portait à ravir dans les Hauts-de-Seine, pour protéger les intérêts des gens « biens nés ». Jean Sarkozy n’est ni victime ni coupable, il n’est que le symptôme de la logique reproductrice et anti-républicaine, de l’entre-soi des élites parisiennes.







