Daniel Cohn-Bendit, Marielle de Sarnez, Robert Hue et Vincent Peillon sur la même longueur d’onde… Un grand écart idéologique rendu possible par un unique point commun : l’antisarkozysme. Suffisant ? On en doute…
Samedi 22 août, lors d’une tribune commune à Marseille, une vague multicolore a envahit le vieux port. Un feu d’artifices politiques pour faire croire, un instant, à la naissance d’un parti d’opposition unifié, cohérent, efficace, et qui partagerait des valeurs communes. Ou plutôt une idée fixe : l’antisarkozysme. Celle-là même qui coûta la victoire à Ségolène Royal. Alors conseillée par Vincent Peillon.
Oh, la belle orange !
Pour ouvrir le bal, Marielle de Sarnez, ex-groupie de Giscard, ancienne élue d’une liste d’union RPR-UDF, affiche le désir d’unité de ces premiers ateliers d’été d’Espoir à gauche, le mouvement né autour de l’ascension de Ségolène Royal : «Nous venons d’horizons divers mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui [...] alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce nous divise. » Appel du pied au PS pour 2012 après des européennes difficiles ? Car le socle de cette nouvelle union transparti est avant tout le rejet de la politique de l’UMP, et surtout de Nicolas Sarkozy : « Nous portons, je le crois, le même jugement sur le pouvoir en place. Nous n’aimons ni sa façon de faire, ni sa façon d’être. »
Oh, la belle rouge !
Le show à l’américaine continue, même avec Robert Hue. Il évoque en exemple l’idée du communiste italien Ernisto Belinguer de s’allier avec la Démocratie chrétienne. En omettant que ce type de gouvernement dont Prodi fut à la tête est tout à fait ingouvernable.
Oh la belle verte !
Cohn-Bendit arrive en courtisé. Il ne parle pas d’union, mais de rassemblement. Il faut dire que le succès d’Europe Ecologie s’est forgé sur un large ratissage, de Bové à Jolly. Et déjà cimenté par l’opposition à un homme, Manuel Barosso.
Bouquet final
Peillon conclut en parlant d’ « évènement historique dans l’histoire de la gauche française ». Comme Mitterrand avec le PCF en 81, il se rêve le nouveau rassembleur d’une gauche unie face à la droite. Ou plutôt face à Sarkozy. Une différence que les Verts ont bien comprise : «Notre objectif n’est pas de battre Sarkozy a minima avec un front républicain confus. Mais d’être exigeant sur le contenu». Et c’est là que le bas blesse. Au-milieu des grandes phrases toutes droites inspirées de la religion de l’espérance obamaniaque, les contours d’un programme commun sont invisibles.
L’antisarkozysme n’est pas une stratégie politique. Au mieux un coup, déjà joué et raté dans l’entre-deux tours par le duo Royal-Peillon. Si les français sont majoritairement hostiles à une union du Modem et du PS, on peut y lire le refus de l’américanisation de notre politique électorale, qui tendrait vers le bi-partisme. L’UMP a déjà canibalisé, avec Nico l’américain pro Bush, l’électorat de l’extrême droite en 2007. Il poursuit cette même logique en vue des régionales par l’assimilation de Nihous et de De Villiers. Le PS de Peillon tente aujourd’hui d’adopter la même stratégie avec ses voisins, qu’ils soient de gauche comme de centre droit. Sans barrières idéologiques, avec pragmatisme. Et si l’antisarkozysme était un mimétisme ?








August 26th, 2009 at 19 h 49 min
Marrant de voir que le Modem, malgré ses grandes tirades contre le bipartisme se roule dedans à la première occasion venu et dès que la rapport de force lui devient favorable