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Gaston Flosse (encore) (re)pris la main dans le sac !

Posted on 28 July 2009 by Emmanuel Haddad

L’ancien président de la Polynésie Française Gaston Flosse tombe dans les mailles de la justice … Enfin ! Son immunité parlementaire n’est que partiellement levée par le Sénat, suffisamment pour le placer en garde à vue vendredi matin. Et le libérer le soir même ! L’occasion de revenir sur le beau palmarès de corruption en tout genre de l’ami de Chirac, à l’heure où les regards dénonciateurs sont plutôt tournés à gauche … Vers l’homme qui aimait les belles montres.

Jacques Chirac et Gaston Flosse

Le juge d’instruction de Papeete à l’origine de l’interrogatoire de Gaston Flosse est bien clément. Il ne titille l’ancien président de la Polynésie française que dans l’affaire de corruption présumée concernant l’Office des Postes et télécommunications de Polynésie (OPT), avec un détournement de plus d’un million et demi d’euros.

Clément ou patient, informé des rouages de l’administration judiciaire et au doigté nécessaire pour inculper un élu. Car il aurait pu aller bien loin, tant les chefs d’accusation qui portent sur Gaston Flosse sont nombreux. Il a déjà été condamné à un an d’inéligibilité en février dans l’affaire dite des « sushis » : il avait détourné des fonds publics pour organiser le fastueux banquet … de sa défaite électorale en 2004 !

Coupable en sursis mais capable de sursauts

Gaston Flosse est comme on dit « connu des services ». L’affaire de la poste n’étonnera personne qui a suivi un peu la saga Flosse.

1997. Le journaliste Jean-Pascal Couraud disparaît sans laisser de trace. Les proches du scribouillard polynésien accusent le gouvernement, à travers ses services de polices (le GIP), de l’avoir liquidé à cause de son enquête sur le compte bancaire de Jacques Chirac au Japon.

2000. Il se débrouille pour revendre l’hôtel de son fils Reginald Flosse au prix d’achat, alors qu’il était fermé depuis deux ans. Verdict ? Trois mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêt en 2006. Pas d’inégibilité.

2009. Le juge Stelmach met Gaston Flosse en accusation pour « obstacle à l’exercice des pouvoirs attribués aux magistrats et instructeurs de la CTC » qui enquêtaient sur un service de renseignement qu’il avait créé.

Gaston Flosse est aussi accusé dans l’affaire des emplois fictifs de l’île. Sans oublier l’hôtel particulier qu’il s’est payé dans le XVIème, grâce à un emprunt de 2,5 millions d’euros auprès de la banque de Tahiti… Un vrai collectionneur.

Avec tout ça, on ne s’étonnera pas non plus que la métropole, réunie en Conseil des Ministres, se soit émue des troubles politiques qui secouent le pays depuis 2004 :

« depuis les scrutins du 23 mai 2004 et du 13 février 2005, quatre présidents se sont succédés dans une période de deux ans. Dans la même période, trois motions de censure ont été adoptées. Face à une telle situation, l’opinion publique polynésienne ne comprend plus et qui nuit gravement au développement de la Polynésie française confrontée à une situation économique et sociale difficile. »

On appréciera la langue de bois. Face à une situation aussi coton, mieux vaut avoir des nerfs d’acier.

Gaston Flosse, lui, est pour l’instant tranquille, car il ne peut pas être placé en détention ni sous contrôle judiciaire, immunité sénatoriale oblige… S’il s’avère qu’il est coupable, il sera relâché, et le juge devra déposer une nouvelle demande pour l’envoyer à l’ombre, loin des tentations.

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