Sheerkhan, tigre mangeur de « petits d’hommes » du livre de la jungle, a terrifié les enfants… Strauss-Kahn terrifie les membres du PS.
Moscovici - alias Kaa, le serpent persifleur et roublard, valet de Sheerkan - le confesse aux Echos cette semaine : dans un PS éclaté par les affrontements de personnalité et les conflits d’intérêt, une personne attend dans l’ombre… Bien cachée par les feuillages du FMI : Dominique Strauss-Kahn.
Revenons aux prémisses de l’histoire. Lors des grands débats des primaires socialistes préalables à l’élection de 2007, les journalistes l’avaient élu grand gagnant. Mais la loi des urnes l’a contraint à céder son trône de leader à une Ségolène Royal digne du Roi Louis, le fameux roi des singes qui ne prend pas de décisions et fini par détruire son palais. Strauss-Kahn soutient Ségolène du bout de ses babines. A demi-mot. Car il savait que son avenir politique passerait par l’échec du PS.
Mais que manquait-il au tigre ?
Homme politique respecté, expert en finance (ce qui est de nos jours un atout maitre), marié à une icône populaire (notre Président connaît très bien l’avantage que l’on peut en tirer), il a échappé aux scandales politiques (l’affaire de la MNEF - dont il sortit malgré tout blanchi - et les affaires de liaison et de favoritisme au sein du FMI mises à part), et se positionne régulièrement en tête des sondages d’opinion….
Pourquoi ce candidat parfait n’a-t-il jamais eu le privilège de concourir au trône suprême ?
La réponse est simple. Tout comme Sheerkan qui ne sort que très rarement de son périmètre de chasse, Strauss-Kahn, crédible au niveau national, manquait d’une renommée internationale… Ce pilier du PS - un des rares qui soit toujours resté fidèle à sa ville, la célèbre Sarcelles - est aujourd’hui internationalisé, acteur incontournable de la politique mondiale, grâce à sa nomination à la tête du FMI.
Strauss-Kahn prêt pour 2012
Il est arrivé au bon moment au bon endroit. President du FMI au moment de la crise financière, il s’est arrogé un pupitre face au plus grand auditoire : le monde. Quelques déclarations bien senties sur l’état de l’économie mondiale - « La bonne nouvelle, c’est qu’on voit le redémarrage vers la fin de 2009 » -, ou encore des conseils sur les mesures à prendre - « Il faut absolument refonder le système » - lui assurent cette renommée.
Le voilà donc prêt à affronter les élections à venir, les canines affûtées par son expérience outre-Atlantique. Prêt à bondir sur ses adversaires qui doivent des à présent le considérer comme un prédateur politique arrivé à sa pleine maturité.
Son pire ennemi : lui-même
Strauss-kahn n’a pourtant aucune garantie de l’emporter en 2012… Et tout à perdre. Quitter le FMI, un poste au combien glorifiant pour un économiste de sa trempe ? Souvenons-nous de Raymond Barre, présenté comme le meilleur économiste de France par Valery Giscard D’Estaing, et son échec en 1988 malgré des sondages très favorables…
Les Francais, allergiques aux théories économiques, sont-ils prêts à élire un financier à la tête de l’Etat ? Le tigre Strauss-kahn est-il prêt à quitter le FMI pour se lancer dans une élection présidentielle toujours plus ‘people’ ?
Un choix cornélien attend donc le tigre : rester tranquillement au sein d’une organisation reconnue (et très rémunératrice), ou passer à l’action politique.
Car Sheer Khan, si menaçant soit-il, n’a jamais réussi à manger Mowgli… Et Nicolas Sarkozy est bien plus armé pour se défendre que le « petit d’hommes »…








