Jean Sarkozy retire sa candidature à la direction du Conseil, mais se réserve tout de même un poste d’administrateur. Quand papa dit « non »…
« On est comme tous les pères et tous les fils, on se parle. » Voilà comment Jean Sarkozy répond, hier 22 octobre, à la question de David Pujadas : « Avez-vous pris cette décision seul ? » Très propre sur lui, presque à l’aise, avec le brin de tremolo qu’il faut dans la voix, le prétendant au trône de la Défense renonce… Enfin, seulement au poste de directeur. Car Jean, conseiller général, entend tout de même se présenter aujourd’hui 23 octobre au poste d’administrateur.
Les couleuvres de l’UMP
Evidemment, le fils du président assure n’avoir obéi à aucun ordre ou quelconque pression. « C’est ma décision, bien entendu. » Cependant, il semble inconcevable que la progéniture du Chef de l’Etat ne reçoive, en pareille circonstance, la moindre directive… Une « grande maturité » pour Benoît Apparu, le secrétaire d’Etat au logement ; « une démarche qui l’honore », pour Brice Hortefeux. Et qui tombe à pic pour recadrer le tir auprès de l’opinion : selon un sondage CSA paru dans Aujourd’hui en France vendredi dernier, 64 % des Français sont opposés à cette nomination, et 51 % au sein des électeurs UMP. Ajoutez les polémiques Polanski / Mitterrand, et l’urgence se fait sentir de calmer le jeu.
Jean victime collatérale
Il y avait quelque chose de touchant à voir ce post adolescent renoncer au plus beau jouet qu’il n’ait jamais obtenu. En refusant la présidence du Conseil d’Administration, et en se contentant, à 23 ans et sans qualifications, d’un poste d’administrateur, Jean confesse, à la limite du ridicule : « Je ne cours pas après les honneurs. »
Mais l’épicentre de l’intervention se situe au moment où l’élu de Neuilly cherche une légitimité à son abandon : en dénonçant une « campagne de manipulation et de désinformation », il affirme ne pas vouloir d’une victoire entachée du « soupçon ». En fermant les yeux, on croirait entendre Lance Amstrong pendant le Tour de France ! Mais à quels « soupçons » fait-il allusion ? Qu’a bien pu dire la presse si ce n’est l’évidence même, à savoir que le fils du Chef de l’Etat, à 23 ans et avec un Bac + 2, allait devenir Président du plus grand centre d’affaire européen ?
En froid avec ses électeurs, Nicolas Sarkozy a reculé ses pions. Et son fils Jean, dans cette affaire présidentielle, a reculé. Comme un pion. (Voir la vidéo)
Le PS le bec dans l’eau
Finalement, c’est l’opposition qui doit regretter le plus cette annonce. Enfin la gauche, et surtout le PS, détenait une ligne pour matraquer Sarkozy et l’UMP ! Si l’affaire Frédéric Mitterrand divisait trop l’opinion pour être réellement exploitable, l’affaire Jean Sarkozy était parfaite. Benoit Hamon y voit lui aussi un coup de Nicolas Sarkozy venu couper l’herbe sous le pied de la vindicte de l’opposition et de l’effervescence médiatique : « le président de la République a reculé devant l’indignation des Français en demandant à son fils Jean Sarkozy de renoncer ». « C’est une grave erreur qu’ils étaient en train de commettre » enchaîne Emmanuelli.
L’image internationale de la France a été ternie par l’affaire de l’Epad. Cette donnée a sûrement compté dans la décision de la famille Sarkozy. De l’Angleterre à la Chine, la réputation de « Président jeune et moderne » du Chef de l’Etat s’est étiolée. Pour dévoiler une réalité somme toute assez banale, dans la continuité de la 5ème République. En moins discret, peut-être. En plus naïf, aussi.








October 24th, 2009 at 17 h 02 min
Je ne crois même pas qu’on puisse attribuer une “bac +2″ à Jean, il a validé seulement quelques modules de deuxième année!!!