L’influence, non. L’argent, peut-être…
Kenneth Thompson, l’avocat de la femme de chambre du Sofitel, l’affirme tout de go : sa cliente ne se laissera pas impressionner par la renommée et les réseaux de l’ancien directeur général du FMI.
« Argent », « influence »… Les paranos y décèleraient un flirte avec le champ lexical de l’antisémitisme toléré, qui tend à considérer les juifs comme de riches entrepreneurs communautaristes.
L’avocat de la victime n’est pas antisémite. Afro-américain, il vise chez DSK les oripeaux WASP (white anglo-saxon protestant) : en tant que mâle blanc sexagénaire mondialisé, Strauss symbolise la toute puissance moderne occidentale, certes menacée par le boom asiatique, mais encore solidement installée sur son trône à peine chancelant.
Kenneth Thompson, un des as des dommages et intérêts outre-Atlantique, n’a pas complètement tort pour ce qui est de l’influence : éminent Franc-Maçon, DSK ne serait jamais tombé dans un Sofitel européen. Mais pour ce qui est de l’argent, l’avocat néglige une certaine réalité américaine. Car si le juge d’instruction n’existe pas dans la justice des USA, c’est bien parce que l’instruction ne se fait qu’a charge. Reste à l’accusé de financer lui-même l’enquête à décharge, ce que DSK a déjà commencé énergiquement.
Si Strauss s’en sort, ce ne sera pas grâce à ses relations, mais bien à son compte en banque !







