Etats généraux du service public : trois petits tours et puis s’en vont…

Posted on 18 December 2009 by Willy Gardett

Hamon, Mélenchon, Besancenot et Duflot sont dans un bateau…

Ou plutôt : Hamon, Duflot, Besancenot et Mélenchon sont dans une Maison… Celle de la Mutualité, à Paris, jeudi 17 décembre, pour le lancement des états généraux du service public. Les trois premiers partent au bout de 10 min. Qui reste-t-il ?

Besancenot blessé et grincheux

besancenot-et-hamon-au-cafe18 h 00 : Devant le bâtiment imposant de la Mutualité, 30 minutes avant le lancement de ces états généraux par les principaux partis de gauche (PS, Verts, PG et NPA), rien ne se passe… Seule la neige, qui tombe dru depuis le matin, semble déterminée. Au café d’en face, Olivier “le blessé de l’Assemblée Nationale” et Benoît Hamon, porte parole du PS, discutent le bout de gras, accoudés au comptoir.

- Bonjour Messieurs, quelques minutes pour deux-trois questions ?
- Non, non ! nous oppose le facteur, visiblement grincheux.
- Avec plaisir ! tranche Hamon, tout sourire. Mais tout à l’heure, il va y avoir une conférence de presse.

Quelques photos plus tard - et une bonne engueulade de la part d’un proche de Besancenot qui nous tint à peu près ce langage : « Et le droit à l’image, connard ! Tu nous fait chier avec tes photos ! » -, nous voilà dans la Mutualité pour le lancement de ces fameux états généraux. Razzy Hammadi, Secrétaire National au service public pour le PS, finit sa cigarette, et c’est parti !

18 h 30 : Devant les portes du salon, au premier étage, des syndicalistes nous accueillent avec une inscription choc dans le dos, “Grève de la faim” :

- Bonjour, vous savez comment la soirée va se dérouler ?
- Oh non, nous on est juste là pour soutenir un ami qui s’est fait licencier.

Le syndicaliste interpelle son collègue :

- Il est où, Robert ?
- Il est parti manger, il avait trop faim !

A l’intérieur de la salle, les chaises restent, désespérément, vides…

la-salle-de-la-mutualite-vide

Hamon et Duflot se font la malle

hamon-et-le-greviste18 h 45 : Benoît Hamon est le premier à gravir les marches de la Mutualité. Un petit mot aux syndicalistes en grève de la faim, et il fait son entrée dans le salon. Suivi, dans la foulée, par Besancenot, Duflot et Mélenchon.

18 h 47 : Tous les quatre sur la tribune, les leaders sourient poliment sous les flashs des - quelques - photographes de presse qui ont eu le courage, malgré la neige, de faire le déplacement. Mélenchon ne lâche pas d’un semelle la belle Cécile, dont le parti a récemment snobé la proposition du PG d’”accord préalable” de rassemblement au deuxième tour des régionales. Besancenot et Hamon contemplent, amusés, la « drague verte » du leader du Parti de Gauche.

besancenot-hamon-melenchon-et-duflot-recadree

Un organisateur moustachu prend la parole : “Bien, merci à vous tous d’être venus, même si nous avons reçu beaucoup de désistements de dernière minute à cause de la météo. On vient même de m’apprendre que la ligne 5 est fermée… On laisse les journalistes faire leur travail, et on commence !”

hamon-itw-france-culture18 h 52 : Les - quelques - photographes ont finit leur travail. Le journaliste de France Culture présent sur place tente d’attraper Benoît Hamon :

- Monsieur Hamon, quelques questions pour France Cul…
- Attendez, il va y avoir une conférence de presse.
- Euh, vous êtes sûr ?
- Bon, d’accord, allez-y, mais on se dépêche !

18 h 55 : L’interview bouclée, le débat peut commencer. Enfin, le lancement, car les débats se feront au niveau local, de janvier à avril. Pour les débats nationaux, il faudra attendre le mois de juin. Besancenot se cale au premier rang, alors que Benoît Hamon fonce vers la sortie, sur les mots du Gentil Organisateur : “Allez, on commence !”

Et Cécile Duflot ? Elle s’est beaucoup intéressée au doigt cassé du leader du NPA :

- C’est les flics qui t’ont fait ça ?
- Et ouais ! Ils se sont fait plaisir…

duphlot-et-besancenot-recadree

Besancenot - bientôt décoré “ancien combattant des luttes sociales” - fanfaronne comme un ado en colo. Un peu plus et Cécile Duflot lui faisait un dessin sur son plâtre. Mais la star des Verts préfère s’éclipser, suivant les traces du porte-parole du PS.

Jean-Luc Mélenchon s’installe au premier rang, mais à l’opposé du facteur…

Mélenchon fait de la résistance…

19 h 00 : Les états généraux se lancent, enfin. Le G.O. moustachu commence son introduction, en heurtant de ses mouvements d’orateur improvisé les deux micros de la tribune.

besancenot-grevistebesancenot-itw-france-culture19 h 10 : Olivier Besancenot quitte la salle, alors que le premier film - celui du PCF, avec Marie-George en guest star - vient d’être projeté. Un petit mot aux grévistes de la faim, un autre au micro du journaliste de France Cul - qui commençait à se sentir un peu seul - et le facteur prend son envol.

19 h 40 : Mélenchon, le plus courageux, reste jusqu’à la fin du film dont il était l’unique protagoniste, et se décide, lui aussi, à quitter les lieux. Très “mitterrandien” avec son grand manteau et son chapeau noir, il ne lui manquait plus que l’écharpe rouge. Au fait, c’est bientôt, la conférence de presse ?

Ca y est ! Les états généraux du service public, rassemblant les principaux partis de gauche, sont lancés. Tremble, UMP, le peuple de gauche va se révolter ! Une manifestation est même prévue pour… l’automne 2010 ! En attendant, les grands leaders sont partis dîner…

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